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Politique locale

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Ils ont mangé le son.


Pour la deuxième année, le jour de la St Marc,
C'est le deuxième flop au marché paysan,
Autrefois fréquenté par tous ces braves gens,
Il est bien désormais quelque peu fréquenté.


Paysan ?paysan ? il faut le dire vite
Car à part quelques plants posés de ci de là
Et quelques canetons vociférant ma foi,
Rien ne sentait la terre, comme vous nous le dites.


Pourtant, les petits ânes, montés ou attelés
Dès potron minet tournaient bien sagement
A travers les allées, au plaisir des enfants
Des rêves plein leur tête, les yeux écarquillés.


Seule consolation devant tant d'abandon
De la part d'une équipe sans envie et sans âme,
Chez qui on ne décèle aucune petite flamme
Pour réussir la fête et lui donner du ton.


Mais comment pourrait-elle porter au Nirvana
Sans cette vocation et sans cet engouement
Pour la chose publique au service des gens,
Par la fibre sociale, racine qu'elle n'a pas.


La matinée passait et les badauds tournaient
Un peu abasourdis par si peu de marchands
En ce beau jour d'avril, samedi de printemps,
Seuls les enfants riaient et les ânes tournaient.


Assis sur les terrasses de chaque estaminet
Les gens forts mécontents ricanaient pour autant
Déçus de ce spectacle, si beau auparavant,
Quand d'autres dévoués savaient organiser.


Que c'était pittoresque, plein d'allant et de joie
De la place du Coq jusqu'au la Convention
Bien des passants soufflaient, aux bonnes intentions :
C'était tout autre chose « quand te »vous étiez là.


A onze heures pétantes au clocher de l'église,
Le premier magistrat attendait bien en vain
Auprès de son équipe la députée du coin
Qui pour tous ces mondains eut été la cerise.


C'est alors l'âme en peine, en deuil d'UMP
Que le micro en main il tenta d'inaugurer
Dans un discours bâclé le bien triste marché,
Fidèle à sa bafouille, à son texte loupé.


Et comble d'ironie, de la lumière à l'ombre
Il passa quand soudain, au détour du chemin
Les petits ânes gris, qui tournaient dès matin
Avaient un creux au ventre et faisaient des grands Brr.


Tant la faim les rongeait, qu'il n'hésitèrent point
A manger du micro tout le son, tout le son,
Réduisant au silence la mauvaise chanson
Que le « first » magistrat avait comme refrain.


Les aï sont des malins, li oun manja lou son
Et le maire sans voix, entouré de ses ouailles
Dut se taire enfin et ravaler sa « gouaille »
En fermant son clapet sur cet' panne de son.


Pardonnez nos offenses pour ce petit pamphlet
Mais comprenez bien « sire », le peuple un jour parfois
A besoin pour en rire d'une tête de « roi »....
Et le baudets du jour nous ont bien inspirés !!


Alors a l'an « que ven » pour un autre refrain ;
Nous serons encore là, vous pouvez y compter,
Toujours bien plus nombreux, dès l'aube sur le pré
Pour porter l'estocade en quelques alexandrins.


Si de cette histoire, morale devait sortir :
« Avec ou sans les ânes, avec ou sans le son ;
Sans portée et sans sens, avec ou bien sans Pons :
Rien ne sert de parler quand on a rien à dire. »


Jean-Marie Bernardi.

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